Les Jardins d'Hygéia

Les réflexes archaïques

Les réflexes archaïques sont des mouvements automatiques et involontaires observés chez les nouveau-nés, résultant de stimuli sensoriels spécifiques. Émergents in-utéro et matures à la naissance, ils s’intègrent durant la première année pour céder la place aux mouvements volontaires. Le cerveau du nouveau-né, bien que formé, nécessite la création de connexions entre ses différentes parties pour fonctionner pleinement. La répétition des mouvements réflexes favorise le développement des fibres nerveuses, établissant un réseau de communication essentiel au développement sensori-moteur, cérébral, intellectuel et émotionnel de l’enfant.

Cette intégration progressive des réflexes primaires au schéma moteur contribue à la myélinisation du réseau neural. Les connexions des parties supérieures du cerveau vont également se développer. L’enfant va progressivement apprendre à contrôler sa tête et renforcer son tonus musculaire, ce qui est nécessaire à son développement moteur. Il va ainsi acquérir la coordination de ses gestes et trouver un équilibre postural. Ayant une plus grande liberté de mouvement, il sera dans de meilleures conditions pour son développement comportemental et intellectuel.

Toutes ces étapes vont lui permettre d’accéder à un état de sécurité intérieure, d’améliorer sa résistance au stress et sa capacité d’adaptation. La confiance en soi, la capacité à prendre des décisions et les interactions sociales seront renforcées, favorisant le plein potentiel d’apprentissage de l’enfant.

Les réflexes archaïques constituent les bases de la construction neurologique et sont indispensables au bon développement moteur, émotionnel et cognitif du nourrisson, de l’enfant et de l’adulte. Dès la grossesse, pendant l’enfance et au cours de la vie, les traumatismes physiques ou émotionnels peuvent altérer les chemins neurologiques. Ces chemins qui, normalement, assurent un développement harmonieux à l’enfant.

Cependant, cette évolution peut être entravée si certains réflexes ne se développent pas, ne s’intègrent pas ou réapparaissent. Parasité par des mouvements réflexes toujours actifs, l’enfant met en place des mécanismes de compensation, pouvant entraîner des troubles tels que des déficits posturaux, des difficultés d’apprentissage, et des troubles comportementaux et émotionnels.

Ces 20 dernières années, les recherches en neurosciences ont montré que la plasticité du cerveau permet au système nerveux de se réorganiser à tout âge. Des professionnels de l’éducation et de la santé ont développé des approches corporelles pour intégrer les réflexes archaïques. Ces méthodes reposent sur des stimulations sensorielles (tactile, proprioceptive, vestibulaire, visuelle et auditive) et sur un programme de mouvements spécifiques facilitant cette intégration.

 

Plusieurs méthodes ont vu le jour pour l’intégration des réflexes archaïques :

  • Masgutova Neurosensorimotor Reflex Integration MNRI ®
  • Rhythmic Movement Training International RMTi ®
  • Padovan ® (ou RNF ®)

Afin d’éclairer tous ces principes théoriques, voici un exemple de réflexe archaïque.

Le réflexe de Moro

Ce réflexe apparaît vers la 10ème semaine de vie intra-utérine et se déclenche pleinement à la naissance. Lors d’un accouchement naturel, en réaction au changement d’environnement, le nouveau-né étend ses bras et ses jambes, renverse sa tête vers l’arrière et prend une profonde inspiration, suivie d’un cri et du repli sur lui-même.

Exemple : Le réflexe de Moro, activé par des stimulations sensorielles perçues comme stressantes (bruit soudain, changement de luminosité, etc.), devrait s’intégrer vers l’âge de 3-4 mois. Pour cela, il est essentiel pour le nouveau-né de se sentir en sécurité grâce à des soins affectifs comme être bercé ou parlé calmement. Sans ces conditions, l’enfant peut rester hypersensible.

Parmi les réactions liées à ce réflexe :

  • Sursauter au moindre bruit
  • Difficulté à gérer la frustration
  • Sauts d’humeur, agressivité, pleurs
  • Difficulté à accepter les changements
  • Problèmes de concentration
  • Sensibilité tactile
  • Manque d’endurance
  • Fatigue chronique
  • Peur de nager sur le dos, faire la planche ou des roulades arrière

En situation de stress, ce réflexe déclenche la production d’hormones (adrénaline, cortisol) pour préparer l’organisme à fuir ou lutter.

Chez l’adulte, certains réflexes archaïques peuvent se réactiver après des situations de stress. Pour améliorer l’ancrage et mieux gérer le stress ou les émotions, l’intégration des réflexes archaïques peut être utile. Bien que la majorité des accompagnements soient destinés aux enfants, de plus en plus d’adultes cherchent à retrouver un équilibre interne et souhaitent se libérer de certains troubles.

Si cette technique vous interpelle, vous questionne ou vous intéresse, je suis à votre disposition pour échanger et bientôt pour vous proposer ces consultations au sein de notre belle association.

Stéphanie Bonnet